dimanche 27 décembre 2009

Journal d'artiste roumain


 

Il devrait y avoir ce temps dans mes veines -
le temps de mes ancêtres, dans les galléries de la mémoire,
nuances d’une vie de bohème
avec audaces des châteaux sur des pentes luisantes,

ce temps d’insouciance des pinceaux, 

des jeux de scène et des bérets,
dont je m’approche sans cesse, 

sur les donjons des jours que j’explique
par des tourelles et des remparts en aquarelles.

Il devrait y avoir une esquisse

de celle que je suis,
de la forteresse de pluie devant moi  

et des ses changeants créneaux 
perchés sur le versant vers lequel j’avance.

Entre huiles, craie, crayon et toiles, il y devrait avoir
une définition de ces globules des couleurs qui nous séparent.

samedi 19 décembre 2009

Fées Sauvages - I



                               

Cascades, chutes d’eau.
Magie d’ombres dessinés,
virevoltant en des mouvements asymétriques,
dans la fraîcheur du matin.

Cet éventail de mon être, une pirouette,
je te la donne.
Allegro assai -  musique de mes états d’âmes. -
dans l’espace des mots balayés par des frissons d’impatience.

Je tourne sur ton regard -
une saison éphémère nous sépare:
c’est l’été.

J’habite, comme une fée sauvage, dans tes phantasmes. 


Fées Sauvages - II





Danse.
Sarabande -

pas de mystère,  harmonie,
spirale qui part des bouts des mes doigts,
quand j’esquisse les confins de la lune.

Ne t’approche pas – tôt ou tard, je serai là -
dans la brume des couleurs.

Fées Sauvages - III


Équilibre, dans des flammes qui me dévorent,
Défi de ce que pourrait être – mais s’ignore
Dans les jeux de la passion, dans les jeux de l’imagination.

Je  porte en  moi la dualité de l’amour –
désespoir et mirage,
et je te suis,
où que tu sois,
comme un nœud de vipères.

Fées Sauvages - IV



Forêt à l’aube.
Des  fumées se dressent vers les frimes minces des arbres.

Un verglas printanier couvre les troncs des érables.

La neige s’assouvit, en brefs flocons, et la rosée
se dissout en ondes de pétales.

Je sais  qu’il n’y a pas de retour possible
Avant que nos rêves ne se recèlent pas dans des doutes.



Fées Sauvages - V




  Il y plus d’ombres que du feu sacré ce printemps.

Les fleurons de l’iris connaissent la lente descente en pétales,
l’écho du désir dans les grottes de la rosée,
mesurées par des vents en retard.

Rien de ce qui est élément ne se passe à temps -

les calices tombent, la neige se fait verglas et la terre tourne au rythme
d’une oraison funéraire.

L’approche de tes pas, traîtres de ma présence,

est difficile.

Il y a des coquilles, spirales des sons

qui se brisent sur des falaises -
ailes incrustées  sur un totem de voyelles
derrière des digues qui retiennent la réalité,

rêves faites des cendres qu’on attise avec la brulure d’une métaphore 
sur le bûcher des jours d’hiver.

Demi-lune



Temps que je passe entre pétales.

Effacées par des coquilles,
mes paupières guettent les gouttes de pluie et de lenteur.

Dans une sieste faite des nuages
sur laquelle le jour se promène en blanches voiles,
je reste dans le port des vieux hamacs.

Mon regard suit en silence
des sableux azimuts.

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